Extraits du roman historique

Galla Placidia, otage et reine

par Daniel Blériot

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Introduction

 

Théodose le Grand, père de Placidia, vient de mourir. Théodose fut le premier empereur chrétien fédérateur, solide dans sa foi mais chef d’État tolérant, dirigeant l’empire d’une main de fer mais sans cruauté, sachant gérer l’immigration gothique avec adresse et fermeté.

« Il va se passer un siècle et demi avant qu’on ne revoie son semblable 1 . »

Sachant ses fils incapables de succéder à son génie, il va diviser l’empire en deux parties, pensant leur simplifer la tâche. Leur étroitesse de vue va déclencher le chaos.

Retournements de situation, trahison, meurtre et pillage se succèdent dans une époque difficile, où l’espérance de vie tient à de multiples précautions, et où le destin prime sur la personne.

portrait de Galla Placidia

De la mort de Théodose le Grand à celle de Valentinien III il n’y a que soixante ans, durant lesquels le monde bascule. On peut s’interroger sur les causes : il y en a de multiples. L’énormité de l’empire romain, l’incapacité de ses dirigeants, de plus en plus séparés des réalités par une coterie de sycophantes, la pression des barbares, la montée du christianisme, le déclin de l’ancienne religion, les luttes internes pour le pouvoir, les gouverneurs provinciaux qui jouent solo, tout concourt à des changements, de culture, de société, de géographie politique.

La seule constante, et pour deux siècles encore, est la romanité triomphante : tout le monde voulait être latin. Nobles des vieilles familles, attachés à leurs traditions, nouvelle bourgeoisie chrétienne, barbares ariens, tous aspiraient à rester ou à devenir Romains. Seules quelques minorités ne le voudront pas, elles feront les premières brèches dans l’Empire : la Grande Bretagne et l’Armorique, indépendantes en 415, l’empire des Huns, maintenu à l’écart de justesse, l’Afrique perdue peu à peu.

Malgré la vitalité de sa culture, tandis que montent d’autres formes de civilisation, c’est dans une spirale descendante que s’engage l’empire de César et Auguste. Cent cinquante ans plus tard, il aura un soubresaut de grandeur avec Justinien, pour finalement retomber très vite dans la décadence et les intrigues de palais à l’échelle d’un petit pays où le Latin cède peu à peu la place au Grec.

Cette brève époque de soixante ans est une vraie charnière, les derniers moments d’un monde et les premiers signes d’un autre. En 387 Théodose fédère les tribus gothiques ; en 451 elles permettront à Ætius de vaincre les Huns aux Champs Catalauniques. C’est la fin du monde antique mais pas encore le début du Moyen-Âge. C’est un monde qui s’écroule et celui auquel il doit faire place n’est pas prêt.

[fin d’extrait]

Chapitre I - L’enlèvement

Rome est une cité bâtie sur sept collines.

Du haut des palais on voit au loin. Sur la terrasse du palais d’Auguste, la Nobilissime princesse Ælia Galla Placidia regardait au-delà des toitures la ligne mauve où le ciel et la terre se confondent. Peut-être aurait-elle pu apercevoir le campement des Goths. Mais des larmes de désespoir commençaient à monter à ses yeux.

Seule et à l’écart, ses gens respectueusement à distance derrière elle, elle se sentait gagner par le découragement.

Deux ans. Deux ans qu’elle aurait dû quitter la ville. Deux ans de ses plus belles années passés à redouter l’assaut sans pouvoir espérer de secours que son frère l’empereur Honorius, à l’abri à Ravenne, n’aurait pas risqué pour Rome.

Déjà, le Général Stilicon avait été abattu et exécuté. Puis Serena, sa femme, près de qui Placidia avait vécu son enfance ; on l’avait même forcée à joindre sa voix à celle des accusateurs.

Elle en pleurait, de rage, de honte, de tristesse.

Du côté de Ravenne, il n'y avait pas de solution. Du secours, Honorius en avait promis. Promesses sans valeur. Il n’aurait pas engagé d’armée pour défendre une cité qui l’écœurait. D’ailleurs que valait l’armée sans Stilicon ? Quelle confiance accorder à une armée dont les chefs étaient ces barbares dont certains se retournaient justement contre les Romains ?

Une armée aurait pu venir de Constantinople, mais l’autre demi-frère de Placidia, l’empereur d’Orient Arcadius, venait de mourir. Son fils Théodose II avait à peine dix ans, et sa fille Pulchérie, jeune aussi, n’avait pas encore la poigne de fer qui serait sa marque, et subissait la politique d’un conseil de régence peu aventureux. Et Constantinople, c’est loin.

Honorius ne croyait pas vraiment à la menace : le roi barbare Alaric n’avait-il déjà par deux fois, les années précédentes, mis le siège devant Rome pour finalement ne pas oser prendre la cité ? Le Sénat était faussement confiant dans le caractère sacré de la Ville Éternelle.

Non, d’Honorius il ne fallait rien attendre. Jeune et faible de caractère, il s’était enfermé à Ravenne à cause de son incapacité à faire face à la crise de confiance qui retournait les Goths contre lui. À vingt-six ans, sans génie, il n’aspirait qu’à régner de loin, du plus loin possible. Ravenne, où Stilicon l’avait installé six ans plus tôt, passait pour imprenable à cause de sa situation maritime et de ses hauts murs. La mer ne s’était pas encore retirée et la cité était défendue par un lagon impraticable ; le seul accès terrestre était une forteresse.

Ce n’était pas le cas de Rome, ville trop grande pour ne pas avoir de faiblesse, surtout dans la précarité de ses approvisionnements. Alaric contrôlait les aqueducs et tenait le port d’Ostie par où entrait le grain. Ce qui protégeait Rome le mieux c’était sa valeur symbolique. Déjà, par deux fois, le Goth avait renoncé à pénétrer en armes dans la cité du Sénat, de la légitimité et de l’éternité. Y entrer aurait été une rupture du cours de l’Histoire, comme un sacrilège. Ce sacrilège, il allait le commettre. Pour la troisième fois il bloquait Rome, contrôlait Ostie, avait une base à Rimini d’où il dirigeait les pourparlers avec Honorius. Et Honorius allait de promesse en raidissement ; sans tenir compte des demandes souvent légitimes des Goths, il en satisfaisait parfois les plus extravagantes.

ooo

Faire face. Ne pas se laisser gagner par la peur. Orpheline à quatre ans de sa mère, la divine Galla Valentiniana, puis à cinq ans de son père, le grand Théodose, elle avait été habituée à vivre seule. Ses demi-frères, placés trop jeunes sur des trônes vacillants, s’étaient par force éloignés d’elle.

Elle se composa un visage calme et se retourna. Quelques-uns de ses gens étaient devant elle, attendant une initiative.

« Eh bien, dit-elle, qu’attendons-nous ? Chacun n’a-t-il pas sa tâche à accomplir ? Allons-nous rester là à nous laisser dominer par les événements ?

- Non, Nobilissime », répondit le majordome Carrus, un Gaulois de forte taille. Il frappa dans ses mains et les domestiques se dispersèrent, sans enthousiasme.

Ils attendaient mieux, mais c’était tout ce qu’elle se sentait le courage de dire. Que dire ? Que l’armée des Goths verrouille la ville ? Qu’ils ne laissent passer que le strict ravitaillement nécessaire ? Qu’ils rationnent l’eau ? Ils le savaient déjà. Qu’on ne savait prévoir quand tout cela prendrait fin ? Elle n’avait pas le cœur de le leur confirmer.

Il ne restait plus près d’elle que ses familiers les plus proches. Ancynius le rhéteur et Lucilliana la confidente. Elle s’assit sur une des chaises curule.

« Mon bon maître, dit-elle, cette fois notre orgueil ne va nous servir qu’à faire bonne figure quand ils viendront nous prendre.

- Pensez-vous qu’il doive en être ainsi, Nobilissime ?

- Je le crains. Gunthamund me disait que les barbares n’ont plus de réserves, et qu’une ressource, de piller nos maisons.

- Le chef de votre garde en est-il sûr, Nobilissime ?

- Je ne sais. Un cocher l’aura renseigné. Ces gens-là vont et viennent ; ils sont contrôlés mais ils circulent. Les Goths leur parlent, en quel sabir, je me le demande, mais ils parlent.

- Le pire, dit la jeune Lucilliana, c’est de ne rien savoir. Je ne peux croire que votre auguste frère ne soit pas en train de négocier.

- Bah, il négocie. Il demande des garanties insultantes et les Goths, qui ne sont pas des imbéciles, enragent. Il accorde des facilités qui ne sont pas demandées, et les Goths ricanent. En somme, il est perdu, et ne comprend pas ce qui se passe.

- Dans ce cas, Nobilissime, ce qui est le plus à craindre, c’est qu’il croie que les barbares vont reculer, comme ils l’ont fait l’an passé et il y a deux ans.

- C’est ce que je crains en effet. Mais tu as vu combien ils sont plus nombreux et combien ils sont plus proches. Alaric est à Ostie, d’où il contrôle nos approvisionnements. Il est aussi à Rimini d’où il parlemente avec mon frère. Ils ne menacent pas en vain, cette fois. Ils sont exaspérés.

- Mais Nobilissime, intervint Ancynius, Sa Piété n’est-elle pas conseillée par un aréopage compétent ?

- Je crains, mon bon maître, qu’il n’y ait plus de moutons que d’aigles parmi les conseillers de l’Empereur, et que notre sort soit leur dernière préoccupation. Que ne sont-ils ici, fiers et résolus comme des Romains ? Ce sont ces mêmes conseillers qui ont perdu mon tuteur, le général Stilicon, aux yeux de l’empereur. Ils ne valent pas mieux que la populace ingrate qui applaudissait. Ils sont très contents d’être cachés à Ravenne, et du moment qu’ils sont saufs, se fichent comme d’une guigne de perdre la Ville Éternelle. »

Ancynius savait tout cela, mais sentait que Placidia se soulageait en parlant. Après tout, c’était son idée de venir à Rome et maintenant elle s’en voulait. Quitter Honorius et sa coterie, échapper aux assiduités de Constance aussi, cela lui avait semblé deux ans auparavant nécessaire. Maintenant que le pouvoir semblait en train d’échapper à Honorius, que le Goth Alaric avait fait nommer empereur un sénateur de Rome, son ami Attale, que le Sénat avait approuvé la nomination et que Ravenne semblait s’en accommoder, elle se sentait coupée de son cercle impérial. Sans ses connections avec la cour, elle n’était plus que la fille de Théodose, l’empereur de la génération précédente, sans doute richissime, sans doute respectée, mais en marge.

Ils ignoraient encore qu’Alaric avait destitué Attale, et avait renvoyé à Honorius, en signe de bonne volonté, les insignes impériaux de l’usurpateur. Honorius avait pardonné l’usurpation, à cause du rang d’Attale parmi les sénateurs. Un autre aurait été exécuté sur-le-champ.

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Une dernière négociation avait réuni Honorius et Alaric, dans un camp proche de Ravenne. Alaric voulait toujours aboutir à un accord qui garantirait un territoire à son peuple, en échange de service militaire, malgré l’arrogance d’Olympius et de la coterie d’eunuques autour de l’Empereur. Il n’était pas lui-même dans une situation si brillante. Le mode de vie nomade auquel la nation gothique avait été forcée depuis trois ans ne permettait pas un approvisionnement normal, et les tribus souffraient de la faim. Il avait mis la main sur le port d’Ostie, et sur les réserves de Rome, mais il y touchait peu, préférant s’en servir comme moyen de pression supplémentaire. Il tenait la cité en la rationnant sévèrement, mais à ce moment, aurait tout lâché contre un contrat permettant à son peuple de s’établir pacifiquement sur un territoire.

Au moment où les négociations semblaient devoir aboutir, Sarus, un ancien ami de Stilicon, dirigeait un petit parti de francs-tireurs dans le Picenum ; sans qu’on sache trop bien pourquoi, il choisit ce moment pour ouvrir les hostilités contre le camp d’Alaric, ce qui fit capoter les négociations. Alaric ne pouvait pas ne pas supposer que le parti de l’Empereur avait commandité le raid et se moquait de lui.

Il quitta Ravenne pour Rome avec l’intention de donner l’assaut à la cité. Il vint, et l’étau se resserra brutalement. On était en juillet. À la fin août, le peuple Romain était affamé, et la noblesse commençait d’épuiser les réserves de ses palais. Partout on voyait des pièges où les quelques rats qui se prenaient étaient âprement disputés. La peste avait fait apparition. Des rumeurs de cannibalisme commençaient à circuler.

Le 24 août 410, les barbares entrèrent dans Rome.

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Dès l’aube, dans le palais de Placidia, on était au bord de la panique. Depuis la nuit, on n’avait plus de nouvelles de l’extérieur. Gunthamund avait envoyé deux gardes en mission de renseignement, ils n’étaient pas encore revenus.

La princesse était dans l’atrium, vêtue d’une toge légère qui laissait ses épaules découvertes. Elle n’était pas encore parée, et ses longs cheveux noirs lui retombaient dans le dos. Assez menue, pas très grande, elle avait de la grâce, et beaucoup d’allure, malgré sa tenue très simple. Son visage ovale aux traits réguliers lui venait de sa mère, la belle Galla Valentiniana que Théodose avait tant aimée. Elle tenait sa silhouette parfaite de sa grand-mère, la superbe Justina pour qui Valentinien avait abandonné Marina Severa. Elle allait de long en large sur la mosaïque en faisant claquer ses légères sandales. On entendait au loin le tumulte d’une émeute.

Gunthamund parut. Le chef des gardes était un Vandale qui avait été choisi par Stilicon ; il servait la princesse depuis qu’elle était toute jeune, son dévouement était sans limite.

« Nobilissime, les barbares sont dans Rome. On dit que des gens de l’illustre Anicia Faltonia Proba ont ouvert la porte Salaria cette nuit, pour qu’on en finisse avec cette misère 2 .

- Faltonia, la femme du sénateur ?

- C’est ce qu’on dit, Princesse. Ce sont peut-être des agents des barbares, des esclaves goths par exemple. Mais peu importe. Il semble que la discipline soit respectée dans l’armée gothique, et que la vie des gens ne soit pas en danger. Cependant, j’ai fait sécuriser la palais, avec les moyens que nous avons ; mais nous ne résisterions pas longtemps, si notre agresseur est déterminé. Je recommande que vous cherchiez asile dans un lieu saint. Ces barbares sont chrétiens, après tout. »

Elle hésita. Quitter son palais ne lui semblait pas l’option la plus réjouissante. Pourtant le Vandale avait raison. Rester, c’était risquer davantage. Les murailles du palais n’étaient plus un abri ; elles auraient étouffé le viol et le massacre anonymes de tous les occupants. La discipline de l’armée gothique n’était pas si assurée qu’on s’y confiât.

« Très bien. Quand voulez-vous partir ?

- Sans délai, Princesse, sans délai.

- Soit. Mes esclaves, qu’on me coiffe. Qu’on me revête de mes plus beaux vêtements. Qu’au moins je parte comme la fille de Théodose, et non comme une épicière. »

Les Goths

Au loin, la bataille continuait. Le bruit d’un incendie commençait à couvrir les cris de ceux qui se battaient. On était trop loin pour comprendre si la garde de la porte résistait ou s’était rendue, mais on percevait dans la rumeur gigantesque qui s’en élevait la pression immense de l’armée qui se bousculait dans sa hâte de pénétrer dans Rome. Afin de réduire plus vite les défenseurs, les Goths avaient mis le feu à ce qu’ils pouvaient autour de la porte Salaria, et le palais de Salluste, tout proche, brûlait.

La garnison débordée, les Goths se ruèrent dans la cité. Le palais de Placidia était encore loin. À peine un petit détachement parcourut la rue, négligeant le palais trop imposant pour piller les maisons avoisinantes. Les Romains qui n’étaient pas encore à l’abri n’étaient pas inquiétés, pourvu qu’ils fussent visiblement dénués de tout. S’ils portaient leurs richesses, on leur faisait rendre ; ils ne discutaient pas, trop étonnés qu’on leur laissât la vie.

Les abords de l’Augusteum étaient devenus déserts. Le tumulte semblait s’être déplacé. Les occupants du palais considéraient diversement ce répit. Les domestiques en étaient soulagés, le personnel militaire sentait monter son inquiétude.

Tout à coup, une troupe de cavaliers arriva au galop, et se dirigea droit vers la porte principale. Ils s’y arrêtèrent, en formation. Trois cavaliers, sans démonter, firent face au-dehors. Ils gardaient les chevaux pour ceux qui mettaient pied à terre. Le chef avait sauté de cheval le premier et se présenta à la porte. Il s’adressa aux gardes en latin :

« Veuillez ouvrir. Il ne vous sera pas fait de mal. »

Tout cela s’était passé très vite, et les arrivants semblaient vouloir conclure leur affaire sans tarder. Gunthamund évalua la situation rapidement. Sa garde légère était en infériorité numérique, et les soldats du palais n’étaient pas de taille face à ces cavaliers gothiques grands, forts, armés jusqu’aux dents. S’il résistait, la porte serait vite enfoncée. Les Goths entreraient de tout façon, peut-être furieux, alors qu’ils avaient l’air à présent plutôt pacifiques. Il décida d’entr’ouvrir pour parlementer ; s’il devait mener un combat de retardement, il pourrait aussi bien le faire autour de l’entrée, les issues vers l’intérieur s’y prêtaient mieux que la grande porte.

[fin d’extrait]

carte des lieux cités

Chapitre IV - Alaric Roi

L’une des institutions de Théodose était une école militaire. Un de ses plus notables élèves avait été le jeune noble gothique Alaric, issu de la famille des Balthes, c’est-à-dire les Audacieux. C’était la deuxième famille, par rang de préséance, où les Goths choisissaient les rois qu’ils élisaient 3 . Alla-Reïk au nom prédestiné qui signifie « roi de tous », était à la fois doué pour la guerre et de noble naissance, ce qui ferait de lui plus tard le meilleur candidat au leadership de la nation gothique. Les Goths choisissaient comme chef de guerre le militaire le plus compétent, ce n’était pas forcément le roi lui-même.

Lors de la bataille du Frigidus, ce jeune capitaine avait, comme auxiliaire de l’armée impériale, mené à bien une mission d’importance. Il s’agissait d’enlever une vallée très bien défendue. Il s’en était acquitté au prix de lourdes pertes, c’était le prix de la confiance : on sacrifiait plus facilement les combattants gothiques que les Romains.

Puis Eriulf avait été tué par Fravitta, alors que l’un et l’autre n’étaient que des chefs aspirants, menant chacun leur faction, l’un celle des chrétiens anti-intégration, l’autre celle des païens proromains. Ni l’un ni l’autre n’étaient prêts à régner. Fravitta, de famille noble mais disqualifié par ce meurtre, était rentré dans le rang, comme militaire de l’armée romaine. L’absence de successeur à Athanaric commençait à peser sur la destinée du peuple gothique tout entier. Le grand meneur d’hommes avait terminé sa vie quasiment dans les bras de Théodose ; mais Théodose ne pouvait se mêler de lui trouver un successeur. Que restait-il pour mener les Goths vers leur destin ? Qui pour canaliser leurs aspirations aux combats héroïques ? Quel chef pour donner vie à leur inspiration romantique ?

Alaric, ancien protégé de Fritigern et fils du judex Alaviv, entraîné à la guerre dans l’armée romaine, avait à la mort de l’empereur environ vingt-cinq ans, et déjà une histoire de meneur d’hommes. Et le fœdus de Théodose commençait à se défaire : ceux qui étaient garants de son maintien n’étaient plus. Les paiements de solde n’étaient plus faits, si l’usufruit des territoires de Mésie n’était pas contesté. Puis la cour se repliant sur elle-même, aussi bien à Constantinople qu’à Milan, les barbares fédérés devinrent encombrants.

Devant Stilicon, le régent d’Occident, et Rufin, le préfet du prétoire d’Orient, Alaric ne pesait pas assez lourd. Il était toujours très jeune. Son titre de roi de fait n’était pas reconnu : avec assez de mauvaise foi, la clique de Constantinople le snobait. Il demanda cependant le commandement de l’armée romaine d’Orient ; avec assez d’aplomb, mais non sans raison, ses troupes constituant une bonne part de l’effectif, et les chefs militaires étant souvent des barbares. Rufin lui rit au nez. Pour l’entourage de l’empereur, il n’était que le tyrannus geticus , l’usurpateur de la Gothie, le chef des troupes auxiliaires, celui qu’on renvoie une fois la campagne terminée.

ooo

Dans la tourmente de la migration, l’ancienne structure hiérarchique gothique s’était défaite. Des tribus menées par un judex , il ne restait qu’une organisation très relâchée et peu de chefs dignes de ce nom. Olympiodore de Thèbes, qui en qualité d’ambassadeur fréquent auprès des Goths, connaissait leurs coutumes, use pour parler d’Alaric du terme rex , l’équivalent grec du latin rex , chef de guerre suprême, si proche du gothique reïks que ce ne peut être un hasard 4 qu’il l’ait choisi. C’est aussi la première fois qu’il le fait ; la fonction, chez les Goths, est nouvelle, comme est nouvelle leur unité embryonnaire.

À partir de là Alaric le Balthe devenait le chef de toute la nation gothique en mouvement ; d’abord en Mésie 5 où selon le fœdus de Théodose les Goths devaient se tenir par temps de paix. Une génération avait passé depuis le début de la grande migration, et les Huns n’avaient pas poursuivi les tribus au-delà du Danube. Mais la nation gothique était toujours en armes, comme si elle ne devait pas se reposer, comme si son destin la poussait vers d’autres rivages, comme à la poursuite d’un rêve fiévreux, inaccessible, transcendant.

Le Völkerwanderung , l’errance des peuples, les avait pris dans son tourbillon.

Alaric lui-même était habité par une ambition qui le poussait en avant. Ambition qui l’entraînait et tout le peuple derrière lui. Voulait-il à ce moment prendre Rome ? Sans doute n’y pensait-il seulement pas. Il était en mouvement, enragé d’être traité en barbare et en roi de pacotille, alors que son désir le plus cher était d’intégrer la nation romaine. Il savait pouvoir affronter Rufin, soit par la guerre, soit par la négociation, s’arranger avec Stilicon. Et au-delà de Rufin et de Stilicon, Arcadius et Honorius.

Ensuite s’accomplirait le destin des Goths.

[fin d’extrait]

Intermède

Le quatrième soir, Atha-Wulf revint la visiter. Elle le reçut avec soulagement ; la journée avait été longue et ennuyeuse, agitée certes, mais elle avait été tenue à l’écart de l’agitation.

Alaric avait donné l’ordre de départ, et un orage de fin d’été romain était venu à point pour aider à débarrasser la cité des derniers Goths. Le ciel était pur, lavé, l’atmosphère plus douce.

Depuis, les chefs de clan jusqu’aux hauts responsables, tous s’activaient, préparaient la logistique d’une armée en marche. Le camp grouillait de mouvement. Ceux qu’elle n’avait pas vus, occupés dans le pillage de la cité, tous étaient revenus, des quantités d’objets de toutes sortes entassés dans les chariots. Des maréchaux-ferrants se pressaient de construire des attelages supplémentaires, la foule des esclaves qui venaient de changer de maîtres se bousculait à l’étroit d’un camp de fortune ; elle savait qu’il y avait des otages romains, ils avaient été isolés loin d’elle.

Atha-Wulf s’était libéré après avoir distribué ses ordres de route. C’était son plus proche ami dans cette nation encore étrangère. Ils parlèrent, longuement, de tout, de rien, évitant d’un commun accord les sujets importants. Ils prenaient plaisir l’un de l’autre.

Au moment de se quitter :

« Je vous envie, dit-elle.

- Et de quoi donc ?

- D’être libre, d’aller et de venir comme vous l’entendez.

- Mais vous êtes libre. Pas d’aller à Rome évidemment, et je ne vous recommanderais pas de quitter la protection du camp. En dehors de cela, c’est votre choix.

- Vous vous moquez. Voyez, vous partez, vous me laissez seule. Je ne saurais même pas où aller.

- Ah, mais… »

Il rit, puis, comme frappé d’une idée subite :

« Attendez. Venez avec moi. »

Il s’éloigna de deux pas, se retourna et lui tendit la main. Elle la prit, sans savoir comment elle avait franchi les deux pas qui les séparaient.

« Où allons-nous ?

- Vous verrez. Faites-moi confiance. »

Main dans la main, ils suivaient un chemin de sous-bois qui les conduisit à une clairière. Là, des tentes étaient dressées. Elle reconnut leur destination au parfum animal qui s’en dégageait :

« Des écuries ?

- Mes écuries. Vous allez voir mes chevaux. Je ne manque jamais de les visiter chaque jour. »

À l’entrée de la tente, un garde se redressa et claqua des talons, en rugissant : « Le général ! » pour le bénéfice de ceux qui s’occupaient à l’intérieur. Ils entrèrent. Les quelques palefreniers qui s’y trouvaient saluèrent et s’écartèrent pour leur faire face, en saluant Atha-Wulf qui leur répondait en les appelant par leurs noms. Ils souriaient. Ils s’inclinaient devant la princesse, sans oser lui adresser la parole ; elle répondait à leurs sourires.

Des chevaux occupaient les boxes, trois étalons, quatre juments, deux poulains. Ils se retournaient pour voir qui venait. Visiblement, ils connaissaient Atha-Wulf ; certains avancèrent pour voir quelles friandises il leur apportait. Il prit des morceaux de pomme dans un seau près de la porte et les leur distribua.

Placidia regardait, étonnée de le voir si patient et paternel, cela lui allait bien. Il s’adressa aux palefreniers :

« Donnez-moi Alastor et préparez Alcyone pour la Nobilissime Placidia. »

Elle fut surprise et se sentit toute perdue car elle portait des vêtements simples, une toge, des sandales légères, rien d’autre par ce mois d’août romain.

« Et qu’on aille chercher Aldys. »

Il ajouta pour Placidia :

« Une esclave grecque. Elle va vous aider à passer une tenue de ma sœur. »

Il ne demandait même pas si Placidia savait monter, cela allait tellement de soi. Elle se sentait bizarre, comme entraînée dans une aventure qu’elle ne parvenait pas à délimiter. Elle pensa un instant qu’elle était entraînée tout le temps depuis qu’elle connaissait Atha-Wulf, puis n’y pensa plus.

Les vêtements de Sunhilda lui allaient, après un peu d’ajustements. Atha-Wulf sourit en la voyant reparaître vêtue à la gothique. Il était déjà à cheval. Un palefrenier apportait un escabeau pour elle ; elle ne fit pas la fière, elle aurait pu sauter sur la jument, mais n’était pas totalement en confiance dans ces habits étrangers. Mais elle se sentit chez elle sur la silla romaine qu’elle connaissait bien. Elle avait appris à monter à cheval presque en cachette ; il n’était pas habituel à Rome qu’une femme montât comme un homme, elles se tenaient généralement en travers sur un siège à marchepied comme les femmes gauloises, et n’allaient qu’au pas ou à l’amble. C’était la fille de Théodose et la pupille de Stilicon, on ne lui aurait pas refusé un si petit caprice, qui faisait tant plaisir aux écuyers de son frère.

Elle prit les rênes, qui lui semblèrent bien légères par rapport à la bride de son habitude, se demandant si le cheval était bien mis aux mêmes aides dont elle était familière. La jument attendait son signal, un bon présage. Elle jaillit à la première pression de la jambe, du pied ferme au galop.

Atha-Wulf se porta à son côté.

« Attention, ils ne sortent pas tous tous les jours, il se peut qu’elle soit un peu chaude.

- Qu’importe, qu’elle perde un peu de son feu, cela lui fera du bien. »

Elle pensait qu’à elle aussi cela lui ferait du bien. Après la pression constante des événements récents, un peu de détente serait la bienvenue. Elle serra un peu les doigts, néanmoins, et la jument adoucit son allure. Un autre bon point pour le dresseur.

Après avoir galopé d’un trait plusieurs stades, elle ralentit de peur de se perdre. Il avait suivi sans rien dire. Elle mit au pas pour l’attendre.

« Alors, Général, où allons-nous ?

- Où vous voudrez, au bout du monde. »

Il était de bonne humeur, heureux. Elle le voyait ainsi avec surprise, sans barre de souci au milieu du front, sans rigidité dans son attitude, toujours aussi aimable mais cette fois libéré ; c’était la première fois qu’ils étaient seuls. Elle était heureuse aussi, elle pouvait oublier pour un instant les incertitudes de sa situation. Il y avait longtemps qu’elle ne se retrouvait sans une innombrable suite. Ni Nobilissime, ni Illustre, ni Sérénissime, titres qui écrasaient chez cette jeune fille l’enfant qu’elle était toujours au fond. Et elle commençait à être à l’aise dans ces vêtements gothiques qui se faisaient à elle et au cheval ; elle appréciait l’odeur, la chaleur, le feu de la jument, le contact physique de cette présence vivante entre ses jambes. Elle était contente d’être là au milieu des pins dans le parfum de résine que le soir tombant faisait ressortir. Ils étaient séparés de Rome par une haute colline, elle ne pouvait même pas voir la cité désolée.

[fin d’extrait]

Second retour

Ætius devait revenir, dix-huit mois plus tard. Ayant renforcé son alliance avec Rua, il rentra, appuyé toujours par le même chantage, cette fois sans mettre de contingent de Huns en position menaçante. Son apparition suffit.

Placidia le revoyait non sans amertume. Elle savait que Sébastien, à qui était échu le titre de magister militum , n’était pas de taille. Ce n’était pas, comme son beau-père, un combattant d’élite, expérimenté et entraîneur d’hommes. Il est vrai que toutes ses qualités n’avaient pas empêché Boniface de perdre l’Afrique. Et Ætius avait fait preuve d’un orgueil tel qu’elle avait du mal à le comprendre.

Le charisme du généralissime était intact. Il bénéficiait toujours d’alliances barbares en Gaule, qui lui étaient fidèles et devaient obéissance à l’empire uniquement à travers lui. Ce seul fait le rendait indispensable, et Placidia l’aurait rappelé si sa fierté ne le lui interdisait.

Il se retrouva devant elle, toujours étonné par son visage si doux, mais cette fois ses yeux n’étaient plus si amicaux, on y lisait de l’animosité, de la méfiance.

« Flavius Ætius, te voici de nouveau.

- Me voici, Augusta.

- N’es-tu pas toujours banni, n’as-tu jamais porté tes armes contre l’armée de ta patrie ?

- Pouvais-je tolérer la faveur d’un ex-rebelle ? J’ai rendu service à ma patrie en la débarrassant de celui qui a perdu l’Afrique. Je me suis vengé d’une situation insultante. Si je suis banni, tu peux me reprendre.

- C’est cela que tu es venu proposer. Et qui t’a insulté, Flavius Ætius ? C’est moi qui ai nommé Boniface.

- Sans doute mal conseillée, Augusta. Ou poussée par la nécessité. Je viens pour aider l’empire. Je viens remettre entre tes mains la Gaule que j’ai pacifiée. Je viens car je sais pouvoir traiter avec les Vandales.

- Tu veux tout, Ætius. La Gaule, l’Italie, l’Afrique.

- Augusta, tu n’as personne qui puisse tenir toutes les armées, personne qui puisse négocier avec Genséric. Aspar est reparti à Constantinople.

- Et toi, tu le peux ?

- Si tu me donnes ce pouvoir, Augusta. Je ne veux pas l’empire. Je veux le pouvoir militaire que je suis seul à pouvoir exercer. Renvoie ce Sébastien, c’est un petit garçon. Je ne veux rien prendre, mais je demande, en vertu de mon seul mérite. »

Il n’y avait rien à répondre.

C’était le seul homme capable de reprendre en main la Gaule, et d’affronter Genséric. Son mérite était réel. Jamais il n’avait été vaincu, sauf devant Boniface mais son vrai but était atteint. Sébastien était général en chef, il commandait à l’armée d’Italie. Le renvoyer pour le remplacer par Ætius, c’était donner à ce dernier plus de pouvoir qu’il n’en avait jamais eu, celui du généralissime italien plus celui du vice-roi de Gaule.

Elle le lui donna, à contrecœur. Il devenait plus puissant que jadis, en lieu et place de son ami Boniface, dont elle regrettait toujours la présence affectueuse. Elle ne pouvait lui en vouloir personnellement, il l’avait tué au cours d’un duel loyal. Il avait mis sa vie en jeu dans ce combat singulier ; le comte d’Afrique n’était pas un petit adversaire. Il ne lui en avait pas voulu lui-même, d’ailleurs, allant jusqu’à, sur son lit de mort, conseiller à sa femme de rechercher Ætius comme second époux. Elle ne s’en souciait pas. Lui non plus.

[fin d’extrait]

Les Huns passèrent le Rhin. Ils ravagèrent et brûlèrent Worms, Cologne, Strasbourg, Metz. Le Rhin en sûreté entre leurs mains, ce fut le tour d’Amiens, de Beauvais, de Cambrai et d’Arras. Lutèce résista grâce au courage de Geneviève, une jeune fille de Nanterre, qui sut maintenir le moral de la population, et les garda à leurs postes de défense. Les Huns n’avaient pas le temps d’assiéger la cité, ils passèrent.

Attila voulait Orléans, pour au-delà foncer en Aquitaine et anéantir les Goths de Théodoric.

Ætius se précipita en Gaule. Il ne pouvait plus faire venir des contingents de Huns, comme il l’avait fait pendant vingt-cinq ans. Il n’était même plus sûr de ceux qui restaient à son service de façon permanente. Il fit le tour des fœderati . Il n’était pas sûr des Alains de Valence, commença par aller les rassurer. Il s’assura des Francs Saliens et de leur chef Mérovée le roi de Tournai, des Celtes d’Armorique, des Burgondes. Il envoya de nouveau Avitus chez Théodoric. Une amitié franche réunissait les deux hommes, depuis des années. Théodoric se rallia avec un certain enthousiasme :

« Aucune guerre n’est dangereuse sauf celle dont la cause est faible », dit-il 6 .

Apprenant que les Alains laissés en garnison à Orléans étaient susceptibles de livrer la ville à Attila, Ætius s’y rendit au plus vite, à la tête de l’armée qu’il venait de rassembler. Les Huns arrivèrent les premiers.

Orléans supporta le siège plus de cinq semaines. L’évêque Aignan y jouait le même rôle que Geneviève à Lutèce, soutenant l’effort de guerre d’une population normalement pacifique. Il alla demander l’aide d’Ætius.

Pendant de temps les béliers commençaient à avoir raison de la fortification. La ville était soumise à un déluge de flèches incessant. Au milieu de juin, l’espoir abandonnait les courageux défenseurs.

Les sentinelles voyaient au loin grossir un nuage de poussière. Ils se croyaient définitivement perdus, pensaient à un autre corps d’armée hunnique qui allait tout balayer.

Dans ce nuage apparurent soudain les aigles des légions. Æ tius et Théodoric venaient dégager Orléans.

Bataille des Champs Catalauniques

Les Huns n’étaient plus les nomades intégraux qu’ils étaient au moment de leur apparition dans les steppes du nord de la Mer Noire. Les cavaliers s’étaient peu à peu convertis en semi sédentaires, beaucoup combattaient dorénavant à pied. Leur supériorité tactique s’effritait, leurs options stratégiques devenaient de plus en plus similaires à celles de leurs ennemis romains et barbares civilisés.

Les armées jointes d’Ætius et de Théodoric les coincèrent dans les faubourgs d’Orléans. Ils étaient empêtrés dans leur siège. Ils se battaient dans les rues, en fantassins, dans des conditions qui n’étaient pas les leurs.

« Bousculés de rue en rue, sous les pierres que les habitants leur jetaient des toits, les Huns ne savaient plus ce qui allait leur arriver, quand Attila fit sonner la retraite. Le Patrice Ætius n’avait pas failli à sa parole ; c’était le 24 juin, le fameux jour où l’Occident sauva la civilisation d’une destruction totale.  7 »

La surprise était dure pour les Huns. Leur défaite était assez nette pour qu’ils fassent retraite en changeant leurs plans. Ils mirent la nuit à profit pour se défiler vers Méry sur Seine où Attila laissa son arrière-garde, une horde de Gépides, en sauvegarde.

Ætius, malgré la nuit, fondit sur ce groupe. Il les détruisit complètement 8 .

La fortune des armes commençait à changer de camp.

[fin d’extrait]

Table des Matières

Introduction    7

Chapitre I - L’enlèvement     15

Chapitre II - De Julien à Théodose     25

Chapitre III - Théodose le Grand     31

Chapitre IV - Alaric Roi    45

Chapitre V - La princesse orpheline    49

Chapitre VI - Échecs et succès de Stilicon     53

Chapitre VII - Eudoxia    67

Chapitre VIII - Chute de Stilicon    73

Chapitre IX - Les trois sièges de Rome     79

Chapitre X - Parmi les Barbares    89

Chapitre XI - Mort d’Alaric    101

Chapitre XII - Reine des Goths    103

Chapitre XIII - Un Mariage Romain    123

Chapitre XIV - Les sept jours de Sigéric     135

Chapitre XV - Wallia ou La Restitution    143

Chapitre XVI - Constance    149

Chapitre XVII - L’exil     163

Chapitre XVIII -  Johannès     173

Chapitre XIX - Placidia Régente    181

Chapitre XX - Ætius et Boniface     187

Chapitre XXI - Attila    197

Chapitre XXII - Les Champs Catalauniques    211

Chapitre XXIII - Mort de Valentinien    225

Chapitre XXIV - Les Vandales    231

Épilogue     237

Annexe A - Avant Théodose     239

   I. Julien    239

   II. Jovien    242

   III. Valentinien Ier    244

   IV. Valens    249

   V. Andrinople    253

   VI. Gratien et Valentinien II    255

Annexe B - Saint Jean Bouche d’Or     259

Chronologie succincte    263

Index des sources citées     267    

1  Sir John Julius Norwich Byzantium – the early centuries

2  Procope de Césarée, Histoire des guerres

3  La première famille était celle des Amales (les Forts) d’où viendra Théodoric, l’Ostrogoth, qui établira son peuple en Italie..

4  Selon Herwig Wolfram, Histoire des Goths

5  Actuelle Bulgarie

6  Jordanès.

7  Grégoire de Tours, Vita Aniani .

Jugement un peu prématuré, si les Huns quittaient le siège par prudence.

8  Jordanès dit qu’il en tua 15.000. Encore une fois, méfions-nous de ces évaluations. Le chiffre indique seulement des pertes intenses.


Autres sites :
Base de données historique
Site de Littérature
Site de Jacqueline Blériot.